Que de critiques a dû essuyer François Bayrou depuis les Européennes ! Au point que, fidèle à l'image que nous avons de l'homme, il a lui-même tenu à assumer sa part dans la « défaite ». C'est vraiment un personnage unique ! Vous voyez un UMPiste s'excuser devant ses troupes ?
Cette « défaite » est au demeurant toute relative, je ne trouve pas que le score obtenu ait été minable. Cela signifie plutôt qu'on s'attendait d'une manière générale à ce que les listes du Modem fassent davantage. Attente flatteuse et, je le maintiens, prometteuse. Tout en votant pour l'un ou l'autre, chacun s'attendait finalement à ce que le parti de Bayrou s'impose. Pourquoi ?
Eh bien parce qu'effectivement il est, comme en 2007, le seul opposant crédible à Nicolas Sarkozy, il est la seule alternative, la seule figure politique ayant une stature nationale, inspirant le respect à tous ceux qui ne sont aveuglés ni par la crainte ni par la jalousie. Et il assume. On raille parfois (et ce n'est pas à l'honneur des railleurs) cette impression qu'il donne de répondre à une mission. Eh bien heureusement que lui ne se défile pas, ne se laisse pas éblouir ou corrompre, garde rivé devant les yeux cet objectif qui n'est pas le sien mais celui de tous ceux au nom de qui il a accepté de mener le combat. Heureusement qu'il ne renonce pas devant les médisances, les calomnies, les trahisons et les railleries. Vraiment oui, il est à la hauteur.
Certains parmi ses plus purs admirateurs ont pu regretter qu'il ait justement manqué de hauteur dans le dernier débat surexploité avant les élections européennes face au trublion Cohn-Bendit. Personnellement j'étais plutôt contente qu'il rabatte son caquet à un universel donneur de leçons qui n'a jamais rien accompli d'autre dans sa vie que brailler et qui se vante de s'être fait caresser le sexe par des enfants dont il avait la responsabilité. La capacité d'indignation de Bayrou me réjouit en cette époque cynique et amorale. Je comprends ceux qui auraient préféré que Bayrou méprise et se taise, mais ce que j'apprécie personnellement chez lui, ce qui chez lui m'a fait prendre confiance dans les chances de l'UDF puis du Modem, c'est justement cette capacité de se cabrer, de ruer dans les brancards, cette certitude qu'on a qu'il ne laissera pas faire ce qui le révolte. Non, il ne fera jamais partie de ceux qui regardent et laissent faire.
C'est un vrai chef de file, il a vraiment l'étoffe d'un homme d'Etat.
Perag taùein bepred, pen dé er wirioné ?
16 juillet 2009
28 juin 2009
Pour le PS, quatre défaites et un enterrement, par Bernard Poignant
Bernard Poignant, maire PS de Quimper et ancien parlementaire européen, signe pour le Monde un article que je trouve intéressant et qui rejoint à peu près mon analyse de l'évolution politique actuelle en France. Je le livre donc à votre réflexion :
Les partis sont mortels, comme les civilisations, pour plagier Paul Valéry. Le Parti communiste a sombré corps et âme dans le rejet du totalitarisme. Le trotskisme tente de prolonger l'histoire, mais les peuples sont intelligents : l'échec de Lénine et de Staline ne fait pas la victoire de Trotski. C'est un trio à mettre dans le même sac. Le Parti radical survit tant bien que mal, réparti entre la gauche et la droite dans l'épuisement de son programme : il a donné le meilleur de lui-même à la République.
Sa mission est donc terminée. Il y a des réussites qui aboutissent à des disparitions. La Démocratie chrétienne, incarnée par le Mouvement républicain populaire, puis par les divers centres démocrates, s'éteint doucement au rythme de la désertion des églises et des séminaires. Le gaullisme s'éloigne dans l'esprit des Français. De Gaulle est venu deux fois en sauveur : pendant la seconde guerre mondiale pour résister puis libérer le pays ; pendant la guerre d'Algérie pour sortir la France de ce bourbier. Ce temps est lointain et relève de l'histoire au lycée.
Et s'il arrivait le même sort au socialisme démocratique ? Il est né au XIXe siècle, qui lui a donné une figure emblématique : Jean Jaurès. Les Français lui ont accordé cinq victoires politiques : 1936, 1956, 1981, 1988, 1997. Depuis, plus rien, sauf les succès locaux. Pourquoi ?
L'échec historique du communisme a cru signifier le grand succès du socialisme. La crise actuelle du capitalisme devait signer le grand retour de la social-démocratie. Il n'en est rien : ni dans un cas ni dans l'autre. Les Français considèrent-ils que le socialisme démocratique leur a apporté tout ce qu'il pouvait donner ? Il a réduit le temps de travail, donné des congés payés, abaissé l'âge de départ à la retraite. Toutes choses acquises aujourd'hui et plutôt à défendre qu'à accentuer. Il a étendu les libertés, aboli la peine de mort, obligé la parité. Sur ce terrain, qu'attend-on de plus ? Les socialistes seraient-ils alors comme les radicaux : au bout de leur rouleau ? !
Les Français considèrent-ils que le socialisme démocratique est inadapté à la nouvelle configuration du monde ? Finalement, il ne serait ni utile ni efficace dans le cadre de la mondialisation, peu lisible dans ses initiatives européennes. Les socialistes seraient donc aussi comme les communistes : arrivés à terme ! L'histoire récente du parti plaide pour une issue pessimiste : éliminé du second tour de l'élection présidentielle en 2002, profondément divisé sur l'Europe en 2004 et 2005, éloigné par sa candidate à l'élection présidentielle en 2007, qui vivait son parti comme un handicap dans sa campagne, écartelé dans un congrès de Reims qui se conclut par un échec et une désignation contestée de sa première secrétaire, malmené par ses courants au point d'en faire le maître d'oeuvre de ses listes pour le Parlement européen, défait aux élections européennes du 7 juin, quel Français peut lui faire confiance et lui confier les destinées de son pays ? C'est normal qu'il y regarde à deux fois.
Quelqu'un a bien compris cette situation, et attend que le fruit soit suffisamment mûr pour le cueillir : François Bayrou. Ne le croyons pas encore éliminé pour 2012 après son dernier insuccès. Si le Parti socialiste n'incarne pas ou incarne mal l'aspiration sociale-démocrate rénovée des Français, le MoDem peut servir de parti d'accueil pour une présidentielle, comme les écologistes pour les européennes. Après tout, François Bayrou s'inspire de grands précédents : Jean Jaurès, Léon Blum et François Mitterrand n'ont pas rencontré le socialisme dans leur berceau. Ils l'ont rejoint, ils l'ont rencontré, ils l'ont conquis. Le président du MoDem cherche à les imiter. Il faut donc accepter dès maintenant de l'interpeller sur sa propre stratégie et accepter de vérifier points d'accord et de désaccord. Car François Bayrou est un chef national sans troupes locales. Le PS a des troupes locales à travers son réseau d'élus, il n'a pas de chef national reconnu et crédible. La gauche rassemblée doit elle aussi comprendre cette nécessité si elle espère l'alternance en 2012.
Que peut apporter le socialisme démocratique à la société ? Son rendez-vous avec le peuple sera 2012. La crise sera-t-elle terminée ? Qui peut le prédire ? Ce qui est sûr, c'est une France endettée comme jamais, des déficits publics sans doute abyssaux, un commerce extérieur peu florissant, un chômage toujours haut. Le socialisme démocratique ne pourra se montrer distributeur comme si tout allait bien. S'il se met à épouser toutes les protestations et à accompagner toutes les revendications, il n'aura aucune crédibilité. Les Français ne sont pas stupides. Chacun a compris qu'il faut changer mode de vie et mode de consommation. La mission des sociaux-démocrates est de participer à ce changement en l'accompagnant de la réduction des inégalités. C'est cette nouvelle façon de vivre qu'il nous revient de définir.
Le PS doit donc se donner cet objectif : réduire ces inégalités entre les Français, qu'elles soient de revenus ou de patrimoine, issues du travail ou du capital. C'est un effort qui demandera du courage pour celui ou celle qui portera les couleurs de ce socialisme-là, et de la cohérence dans ses propositions. Cela supposera de s'atteler à la question fiscale pour lui redonner plus de justice. Il ne faudra pas craindre de revoir l'impôt sur les successions, car si un patrimoine prend de la valeur par la seule mécanique du marché et non du travail, il n'est pas anormal que la société s'en trouve bénéficiaire. Il faudra oser dire qu'à part les allocataires des minima sociaux tout le monde doit payer des impôts sur le revenu. Il y va du contrat civique entre les Français. Dans ce cas, les niches fiscales doivent être traquées, les stock-options taxées... L'appât du gain ne peut pas être le seul moteur de la vie, et il y a forcément des limites aux rémunérations des dirigeants. Le travail doit être récompensé, le mérite reconnu, la rente combattue, l'excès d'argent condamné.
Le socialisme démocratique évolue dans la tension entre la liberté et l'égalité. Cette dernière est mise à mal depuis plusieurs années. Si les socialistes ne réduisent pas les inégalités, à quoi servent-ils ? Il ne manque pas de citoyens compétents et intelligents pour diriger le pays en dehors du Parti socialiste. Si un parti, comme structure d'organisation, ne répond pas à ce pour quoi il est fait, il peut mourir, au moins s'étioler, agoniser lentement. Au PS de s'en inquiéter. Lui-même peut disparaître même si le socialisme démocratique restera toujours une aspiration de millions de Français.
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/26/pour-le-ps-quatre-defaites-et-un-enterrement-par-bernard-poignant_1211882_3232.html
Les partis sont mortels, comme les civilisations, pour plagier Paul Valéry. Le Parti communiste a sombré corps et âme dans le rejet du totalitarisme. Le trotskisme tente de prolonger l'histoire, mais les peuples sont intelligents : l'échec de Lénine et de Staline ne fait pas la victoire de Trotski. C'est un trio à mettre dans le même sac. Le Parti radical survit tant bien que mal, réparti entre la gauche et la droite dans l'épuisement de son programme : il a donné le meilleur de lui-même à la République.
Sa mission est donc terminée. Il y a des réussites qui aboutissent à des disparitions. La Démocratie chrétienne, incarnée par le Mouvement républicain populaire, puis par les divers centres démocrates, s'éteint doucement au rythme de la désertion des églises et des séminaires. Le gaullisme s'éloigne dans l'esprit des Français. De Gaulle est venu deux fois en sauveur : pendant la seconde guerre mondiale pour résister puis libérer le pays ; pendant la guerre d'Algérie pour sortir la France de ce bourbier. Ce temps est lointain et relève de l'histoire au lycée.
Et s'il arrivait le même sort au socialisme démocratique ? Il est né au XIXe siècle, qui lui a donné une figure emblématique : Jean Jaurès. Les Français lui ont accordé cinq victoires politiques : 1936, 1956, 1981, 1988, 1997. Depuis, plus rien, sauf les succès locaux. Pourquoi ?
L'échec historique du communisme a cru signifier le grand succès du socialisme. La crise actuelle du capitalisme devait signer le grand retour de la social-démocratie. Il n'en est rien : ni dans un cas ni dans l'autre. Les Français considèrent-ils que le socialisme démocratique leur a apporté tout ce qu'il pouvait donner ? Il a réduit le temps de travail, donné des congés payés, abaissé l'âge de départ à la retraite. Toutes choses acquises aujourd'hui et plutôt à défendre qu'à accentuer. Il a étendu les libertés, aboli la peine de mort, obligé la parité. Sur ce terrain, qu'attend-on de plus ? Les socialistes seraient-ils alors comme les radicaux : au bout de leur rouleau ? !
Les Français considèrent-ils que le socialisme démocratique est inadapté à la nouvelle configuration du monde ? Finalement, il ne serait ni utile ni efficace dans le cadre de la mondialisation, peu lisible dans ses initiatives européennes. Les socialistes seraient donc aussi comme les communistes : arrivés à terme ! L'histoire récente du parti plaide pour une issue pessimiste : éliminé du second tour de l'élection présidentielle en 2002, profondément divisé sur l'Europe en 2004 et 2005, éloigné par sa candidate à l'élection présidentielle en 2007, qui vivait son parti comme un handicap dans sa campagne, écartelé dans un congrès de Reims qui se conclut par un échec et une désignation contestée de sa première secrétaire, malmené par ses courants au point d'en faire le maître d'oeuvre de ses listes pour le Parlement européen, défait aux élections européennes du 7 juin, quel Français peut lui faire confiance et lui confier les destinées de son pays ? C'est normal qu'il y regarde à deux fois.
Quelqu'un a bien compris cette situation, et attend que le fruit soit suffisamment mûr pour le cueillir : François Bayrou. Ne le croyons pas encore éliminé pour 2012 après son dernier insuccès. Si le Parti socialiste n'incarne pas ou incarne mal l'aspiration sociale-démocrate rénovée des Français, le MoDem peut servir de parti d'accueil pour une présidentielle, comme les écologistes pour les européennes. Après tout, François Bayrou s'inspire de grands précédents : Jean Jaurès, Léon Blum et François Mitterrand n'ont pas rencontré le socialisme dans leur berceau. Ils l'ont rejoint, ils l'ont rencontré, ils l'ont conquis. Le président du MoDem cherche à les imiter. Il faut donc accepter dès maintenant de l'interpeller sur sa propre stratégie et accepter de vérifier points d'accord et de désaccord. Car François Bayrou est un chef national sans troupes locales. Le PS a des troupes locales à travers son réseau d'élus, il n'a pas de chef national reconnu et crédible. La gauche rassemblée doit elle aussi comprendre cette nécessité si elle espère l'alternance en 2012.
Que peut apporter le socialisme démocratique à la société ? Son rendez-vous avec le peuple sera 2012. La crise sera-t-elle terminée ? Qui peut le prédire ? Ce qui est sûr, c'est une France endettée comme jamais, des déficits publics sans doute abyssaux, un commerce extérieur peu florissant, un chômage toujours haut. Le socialisme démocratique ne pourra se montrer distributeur comme si tout allait bien. S'il se met à épouser toutes les protestations et à accompagner toutes les revendications, il n'aura aucune crédibilité. Les Français ne sont pas stupides. Chacun a compris qu'il faut changer mode de vie et mode de consommation. La mission des sociaux-démocrates est de participer à ce changement en l'accompagnant de la réduction des inégalités. C'est cette nouvelle façon de vivre qu'il nous revient de définir.
Le PS doit donc se donner cet objectif : réduire ces inégalités entre les Français, qu'elles soient de revenus ou de patrimoine, issues du travail ou du capital. C'est un effort qui demandera du courage pour celui ou celle qui portera les couleurs de ce socialisme-là, et de la cohérence dans ses propositions. Cela supposera de s'atteler à la question fiscale pour lui redonner plus de justice. Il ne faudra pas craindre de revoir l'impôt sur les successions, car si un patrimoine prend de la valeur par la seule mécanique du marché et non du travail, il n'est pas anormal que la société s'en trouve bénéficiaire. Il faudra oser dire qu'à part les allocataires des minima sociaux tout le monde doit payer des impôts sur le revenu. Il y va du contrat civique entre les Français. Dans ce cas, les niches fiscales doivent être traquées, les stock-options taxées... L'appât du gain ne peut pas être le seul moteur de la vie, et il y a forcément des limites aux rémunérations des dirigeants. Le travail doit être récompensé, le mérite reconnu, la rente combattue, l'excès d'argent condamné.
Le socialisme démocratique évolue dans la tension entre la liberté et l'égalité. Cette dernière est mise à mal depuis plusieurs années. Si les socialistes ne réduisent pas les inégalités, à quoi servent-ils ? Il ne manque pas de citoyens compétents et intelligents pour diriger le pays en dehors du Parti socialiste. Si un parti, comme structure d'organisation, ne répond pas à ce pour quoi il est fait, il peut mourir, au moins s'étioler, agoniser lentement. Au PS de s'en inquiéter. Lui-même peut disparaître même si le socialisme démocratique restera toujours une aspiration de millions de Français.
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/26/pour-le-ps-quatre-defaites-et-un-enterrement-par-bernard-poignant_1211882_3232.html
21 juin 2009
Les Affaires Maritimes en Bretagne
Jean-Yves Le Drian, président du Conseil Régional de Bretagne a fait paraître hier un communiqué de presse dénonçant la suppression de la direction des Affaires maritimes de Bretagne. J'y souscris et je le reproduis :
RENNES/ROAZHON — “Je viens d'apprendre avec stupéfaction que le Gouvernement a décidé de supprimer la Direction des Affaires Maritimes en Bretagne. La première région maritime française, représentant un tiers du littoral français avec plus de 2.700 km de côte, perdrait ainsi totalement la maîtrise de ses affaires maritimes.
“Cette décision invraisemblable revient à nier la nature même de la Bretagne. Pour 75 % des Bretons, la mer est en effet le premier atout de la région : 100.000 emplois en dépendent, et 95 % de la population vit à moins de 60 kilomètres de la côte. Même pour les visiteurs de la Bretagne, c'est bien la mer qui est le plus souvent associée à l'image de notre territoire.”
“Nier la nature maritime de la Bretagne, c'est nier l'évidence. La Bretagne c'est un patrimoine maritime naturel et historique exceptionnel. C'est plus de 40 % de la pêche française. C'est la moitié des inscrits à l'ENIM. C'est la région du nautisme et de la course au large par excellence. C'est le rail d'Ouessant, l'un des passages maritimes le plus fréquenté au monde, avec tout ce que cela implique en terme de sécurité et d'environnement.”
“Pour la Bretagne, la mer c'est aussi l'avenir. Les perspectives d'innovation et de développement dans le domaine maritime sont immenses, dans des secteurs aussi porteurs que l'énergie, les biotechnologies, ou l'alimentation pour ne citer que quelques exemples. En désengageant l'État de notre territoire, le gouvernement montre tout le mépris qu'il ressent à l'égard de l'aspiration des Bretons à vivre et prospérer grâce à la mer et au littoral.”
“Cette décision est d'autant plus incompréhensible que se tient actuellement le Grenelle de la mer. Il était pourtant censé être le lieu de la concertation qui aurait dû aboutir à des propositions pour une nouvelle gouvernance maritime. J'ai bien peur qu'il ne s'agisse une fois de plus que d'une concertation factice et jouée d'avance qui ne servira qu'à cautionner des décisions prises en petit comité par le Gouvernement.”
“La suppression de la Direction des Affaires Maritimes en Bretagne est tout simplement inacceptable pour les Bretons. Je ne veux pas croire que le gouvernement ne puisse pas revenir sur cette décision injuste, méprisante pour les gens de mer, et prise en dépit du bon sens. En tant que Président du Conseil régional, je demande le retrait immédiat de ce projet et la mise en place d'une véritable concertation.”
Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional de Bretagne ■
RENNES/ROAZHON — “Je viens d'apprendre avec stupéfaction que le Gouvernement a décidé de supprimer la Direction des Affaires Maritimes en Bretagne. La première région maritime française, représentant un tiers du littoral français avec plus de 2.700 km de côte, perdrait ainsi totalement la maîtrise de ses affaires maritimes.
“Cette décision invraisemblable revient à nier la nature même de la Bretagne. Pour 75 % des Bretons, la mer est en effet le premier atout de la région : 100.000 emplois en dépendent, et 95 % de la population vit à moins de 60 kilomètres de la côte. Même pour les visiteurs de la Bretagne, c'est bien la mer qui est le plus souvent associée à l'image de notre territoire.”
“Nier la nature maritime de la Bretagne, c'est nier l'évidence. La Bretagne c'est un patrimoine maritime naturel et historique exceptionnel. C'est plus de 40 % de la pêche française. C'est la moitié des inscrits à l'ENIM. C'est la région du nautisme et de la course au large par excellence. C'est le rail d'Ouessant, l'un des passages maritimes le plus fréquenté au monde, avec tout ce que cela implique en terme de sécurité et d'environnement.”
“Pour la Bretagne, la mer c'est aussi l'avenir. Les perspectives d'innovation et de développement dans le domaine maritime sont immenses, dans des secteurs aussi porteurs que l'énergie, les biotechnologies, ou l'alimentation pour ne citer que quelques exemples. En désengageant l'État de notre territoire, le gouvernement montre tout le mépris qu'il ressent à l'égard de l'aspiration des Bretons à vivre et prospérer grâce à la mer et au littoral.”
“Cette décision est d'autant plus incompréhensible que se tient actuellement le Grenelle de la mer. Il était pourtant censé être le lieu de la concertation qui aurait dû aboutir à des propositions pour une nouvelle gouvernance maritime. J'ai bien peur qu'il ne s'agisse une fois de plus que d'une concertation factice et jouée d'avance qui ne servira qu'à cautionner des décisions prises en petit comité par le Gouvernement.”
“La suppression de la Direction des Affaires Maritimes en Bretagne est tout simplement inacceptable pour les Bretons. Je ne veux pas croire que le gouvernement ne puisse pas revenir sur cette décision injuste, méprisante pour les gens de mer, et prise en dépit du bon sens. En tant que Président du Conseil régional, je demande le retrait immédiat de ce projet et la mise en place d'une véritable concertation.”
Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional de Bretagne ■
03 juin 2009
Offre de covoiturage Saint-Brieuc - Strasbourg
Dimanche prochain, le maire de Saint-Brieuc, Bruno Joncour, et son premier adjoint, Alain Cadec seront élus députés européens (1).
Bruno Joncour est maire et conseiller régional.
Alain Cadec est adjoint au maire et conseiller général.
Tous deux devront abandonner un mandat.
A Saint-Brieuc, il faudra réorganiser un peu le conseil.
Bien sûr, il faudra que Bruno Joncour reste conseiller régional et député européen, une voix de la Bretagne en Europe, une voix de l'Europe en Bretagne. Mais pourra-t-il laisser la place de maire à son premier adjoint Alain Cadec ? Ce serait dommage que la seule "grande" ville bretonne avec un maire MoDem passe à l'UMP. Si l'on considère de plus qu'Alain Cadec a été placé par l'Elysée sur la liste UMP pour prendre des voix à son maire de la liste MoDem (rivalité Bayrou/Sarkozy), ce serait une grande vexation pour Bruno Joncour que de le voir prendre sa place à Saint-Brieuc. Donc à un autre adjoint, ou à personne, on ne sait pas. Le plus sain serait sans doute que les deux abandonnent leur mandat municipal.
A Saint-Brieuc comme à Vannes, le MoDem ne s'est pas présenté aux dernières législatives, favorisant ainsi un candidat de l'UMP jugé compatible avec ses idées (Alain Cadec à Saint-Brieuc, François Goulard à Vannes). Mais le temps a passé - le temps passe toujours -et l'union locale en Bretagne a été mise à mal par l'UMP à Paris.
La morale de cette histoire est qu'on ne construit pas de carrière politique en se baladant d'un poste de conseiller général à une élection législative en passant par une mairie, un conseil régional, ou Strasbourg, pour finalement devoir finir par quitter sa ville. Un peu de constance, un peu moins de stratégie parisienne, un peu plus de libertés locales devraient aider les électeurs bretons à faire des choix politiques en conscience, et en toute indépendance. Les arrangements d'hier sont les ennuis d'aujourd'hui.
Bruno Joncour et Alain Cadec prendront-ils le train ensemble pour Strasbourg ? Probablement pas. Mais je peux aller les prendre en voiture à Saint-Brieuc. Nous ferons les 927 kilomètres vers Strasbourg en neuf heures. Et nous évaluerons ensemble si la politique française peut réellement mettre à mal la relation que les Bretons souhaitent conserver avec l'Europe.
Pour terminer, une précision. Les jeux ne sont pas totalement faits.
Pour notre liste "Démocrates pour l'Europe", 15% c'est bon (2 élus) mais 12% c'est moins bon (1 élue).
Alors le 9 mars on vote tous pour Sylvie Goulard et Bruno Joncour.
(1) Les autres élus : Christophe Béchu, Stéphane Le Foll, Sylvie
Goulard, Yannick Jadot, Elisabeth Morin, Isabelle Thomas, Bernadette
Vergnaud
Bruno Joncour est maire et conseiller régional.
Alain Cadec est adjoint au maire et conseiller général.
Tous deux devront abandonner un mandat.
A Saint-Brieuc, il faudra réorganiser un peu le conseil.
Bien sûr, il faudra que Bruno Joncour reste conseiller régional et député européen, une voix de la Bretagne en Europe, une voix de l'Europe en Bretagne. Mais pourra-t-il laisser la place de maire à son premier adjoint Alain Cadec ? Ce serait dommage que la seule "grande" ville bretonne avec un maire MoDem passe à l'UMP. Si l'on considère de plus qu'Alain Cadec a été placé par l'Elysée sur la liste UMP pour prendre des voix à son maire de la liste MoDem (rivalité Bayrou/Sarkozy), ce serait une grande vexation pour Bruno Joncour que de le voir prendre sa place à Saint-Brieuc. Donc à un autre adjoint, ou à personne, on ne sait pas. Le plus sain serait sans doute que les deux abandonnent leur mandat municipal.
A Saint-Brieuc comme à Vannes, le MoDem ne s'est pas présenté aux dernières législatives, favorisant ainsi un candidat de l'UMP jugé compatible avec ses idées (Alain Cadec à Saint-Brieuc, François Goulard à Vannes). Mais le temps a passé - le temps passe toujours -et l'union locale en Bretagne a été mise à mal par l'UMP à Paris.
La morale de cette histoire est qu'on ne construit pas de carrière politique en se baladant d'un poste de conseiller général à une élection législative en passant par une mairie, un conseil régional, ou Strasbourg, pour finalement devoir finir par quitter sa ville. Un peu de constance, un peu moins de stratégie parisienne, un peu plus de libertés locales devraient aider les électeurs bretons à faire des choix politiques en conscience, et en toute indépendance. Les arrangements d'hier sont les ennuis d'aujourd'hui.
Bruno Joncour et Alain Cadec prendront-ils le train ensemble pour Strasbourg ? Probablement pas. Mais je peux aller les prendre en voiture à Saint-Brieuc. Nous ferons les 927 kilomètres vers Strasbourg en neuf heures. Et nous évaluerons ensemble si la politique française peut réellement mettre à mal la relation que les Bretons souhaitent conserver avec l'Europe.
Pour terminer, une précision. Les jeux ne sont pas totalement faits.
Pour notre liste "Démocrates pour l'Europe", 15% c'est bon (2 élus) mais 12% c'est moins bon (1 élue).
Alors le 9 mars on vote tous pour Sylvie Goulard et Bruno Joncour.
(1) Les autres élus : Christophe Béchu, Stéphane Le Foll, Sylvie
Goulard, Yannick Jadot, Elisabeth Morin, Isabelle Thomas, Bernadette
Vergnaud
31 mai 2009
vers l'instauration du plus grand pouvoir local possible
Dans le cadre de la campagne pour les élections au Parlement européen, François Bayrou s'est déplacé en Corse et y a tenu, entre autres considérations, des propos qui ne peuvent que réjouir les Bretons :
« Si on ne connaît pas et si on n'aime pas la Corse, alors on ne connaît pas et on n'aime pas la France. Je viens d'un pays où on ne nie pas les identités, on les assume, on les protège, on en est très fiers. Une grande partie des enjeux européens se jouent ici. Je suis partisan de la signature de la Charte des langues et des cultures minoritaires. La Corse protège davantage ses traditions que la France où on assiste plutôt à un effacement des différences ».
François Bayrou ne parle pas d'évolution institutionnelle de la Corse. Dans le cadre européen, ce n'est pas vraiment le sujet : « Les îles de cette partie de la Méditerranée ont besoin d'aides, de protections, d'autonomie, de la possibilité d'assurer leur propre destin. L'île voisine de la Sardaigne montre des chemins à suivre mais aussi à ne pas suivre. Il faut aller vers l'instauration du plus grand pouvoir local possible. Le principe en est simple : tout ce que tu peux faire sur place, fais-le ! ».
C'est moi qui ai souligné les passages qu'on aimerait entendre repris pour le compte de la Bretagne.
http://www.corsematin.com/ra/bastia/192040/bastia-francois-bayrou-partisan-du-plus-grand-pouvoir-local-possible
« Si on ne connaît pas et si on n'aime pas la Corse, alors on ne connaît pas et on n'aime pas la France. Je viens d'un pays où on ne nie pas les identités, on les assume, on les protège, on en est très fiers. Une grande partie des enjeux européens se jouent ici. Je suis partisan de la signature de la Charte des langues et des cultures minoritaires. La Corse protège davantage ses traditions que la France où on assiste plutôt à un effacement des différences ».
François Bayrou ne parle pas d'évolution institutionnelle de la Corse. Dans le cadre européen, ce n'est pas vraiment le sujet : « Les îles de cette partie de la Méditerranée ont besoin d'aides, de protections, d'autonomie, de la possibilité d'assurer leur propre destin. L'île voisine de la Sardaigne montre des chemins à suivre mais aussi à ne pas suivre. Il faut aller vers l'instauration du plus grand pouvoir local possible. Le principe en est simple : tout ce que tu peux faire sur place, fais-le ! ».
C'est moi qui ai souligné les passages qu'on aimerait entendre repris pour le compte de la Bretagne.
http://www.corsematin.com/ra/bastia/192040/bastia-francois-bayrou-partisan-du-plus-grand-pouvoir-local-possible
10 mai 2009
09 mai 2009
30 avril 2009
ARMOR-MAGZINE du 1er mai 2009
Pierrick Hamon m'a fait part de son article à paraître dans le numéro d'Armor Magazine de demain 1er mai, je crois qu'il pose les bonnes questions :
Elections européennes du 7 juin : une révolution culturelle s’impose.
La Bretagne, avec l’Alsace, a toujours été europhile. C’est un fait parce que les Bretons savent, dans leur majorité, ce que l’Europe signifie pour leurs libertés et leur autonomie, une autonomie aujourd’hui revendiquée au sein de presque tous les grands partis politiques de notre Région, avec plus ou moins d’énergie certes, et avec un nouveau venu : le Parti Breton.
Force est néanmoins de relever que certaines listes ont bizarrement mis en avant des Eurosceptiques militants. Ainsi la Bretagne est elle paradoxalement représentée sur la liste socialiste par Isabelle Thomas qui s’était faite remarquée aux cotés de Jean-Luc Mélenchon, par un activisme noniste au dernier referendum européen. C’est pourtant elle qui été choisie par les instances nationales du PS contre l’avis du BREIS et au détriment de Roselyne Lefrancois, députée sortante et militante européenne de longue date. Certes Yannick Vaugrenard, élu de Loire Atlantique, qui est considéré comme le plus assidu des parlementaires français à Strasbourg, sauve l’honneur avec Bernadette Vergniaud, tête de liste socialiste et représentante de Poitou Charentes, connue pour son efficacité au Parlement européen. Mais le vice-président des PDL n’est qu’en 4ème place...
Les Eurodéputés français ne cessent de réclamer publiquement une Europe plus proche des citoyens, mais ils brillent en même temps par leurs absences, même s’ils sont en progrès, comme les membres du Comité des Régions. Les exceptions (Bernard Poignant, Ambroise Guellec,…) ne font que confirmer le constat. Le cumul des mandats, spécificité typiquement française, explique pour une part cette situation – encore qu’un mandat local puisse avoir quelque utilité européenne – mais ce qui est en cause c’est cette impossibilité quasi-culturelle de considérer le fonctionnement des institutions de l’Union autrement qu’à la manière de notre système vertical jacobin. Les Politiques réagissent, il est vrai, comme nombre de nos concitoyens français souvent plus disposés à revendiquer – en général d’ailleurs une fois que les décisions sont prises et quand il est trop tard - au lieu d’agir en amont quand il est encore temps. Les plus critiques sont justement ceux qui se font remarqués par leur absentéisme. Ainsi, selon le mensuel L’Express, Philippe de Villiers et Marine Le Pen, « sont bons derniers de la classe ». Le discours incantatoire l’emporte donc sur le pragmatisme, et pas seulement à l’extrême gauche. Ainsi Olivier Besancenot ne craint pas d’affirmer qu’aller au Parlement européen, lui qui a été l’Assistant parlementaire d’Alain Krivine, « cela l’enm…. »*. La recherche d’efficacité qui passe parfois par la nécessité de trouver des consensus est certes « plus difficile à vendre » dans notre culture politico-médiatico-démagogique. Et le lobbying a encore mauvaise presse en France, ou alors il se doit d’être caché : bonjour la démocratie !.
Strasbourg est encore trop souvent considéré comme un sas pour accéder à des fonctions politiques parisiennes, voire, un peu comme au Conseil Economique et Social, comme une session de rattrapage ou une récompense. Le mode de désignation des candidats socialistes vient d’en faire la preuve, mais il n’est pas le seul ! A peine élus, beaucoup d’Eurodéputés n’ont qu’un rêve : partir ! « Sur 78 eurodéputés français, 32 étaient candidats aux dernières législatives. En Allemagne, aucun des 99 n’était partant pour le Bundestag. Pour nous Français, c’est un placard ; pour les autres , c’est un vivier »* : CQFD !
Nombre de parlementaires européens français se plaignent de leurs difficultés à exister en rejetant la faute sur le désintérêt des médias… Daniel Cohn-Bendit a bien montré que c’est faux – enfin presque - lui qui n’en a pas souffert en élargisant pourtant son action parlementaire à une approche qui ne soit pas limitativement franco-française. Une seule liste, il faut bien le reconnaître, porte le nom d’Europe : celle des Verts. Le MODEM qui, avec Bruno Joncour, fait une belle percée en Bretagne, confirmera-t-il avec Sylvie Goulard, belle-soeur du maire de Vannes ? Le Parti socialiste, emmené par Bernadette Vergniaud, pourra-t-il dépasser ses propres contradictions ? Christophe Béchu, le jeune et dynamique président UMP du Conseil Général du …Maine et Loire, pourra-t-il faire passer son ambition clairement europhile auprès des électeurs bretons ? Mais une dernière question demeure néanmoins et la plus importante sans doute : les 72 eurodéputés français* qui seront élus, dont 9 pour l’Ouest, sauront ils faire leur révolution culturelle girondine et donc …vraiment européenne ? ou assisterons nous à une élection franchouillarde de plus ? Aux électeurs bretons d’en décider le 7 juin. A suivre … de près, de très près. Pierrick Hamon
*Le député G ONESTA, cité par Le Nouvel Observateur 26 mars 2009. *contre 78 en 2004
Elections européennes du 7 juin : une révolution culturelle s’impose.
La Bretagne, avec l’Alsace, a toujours été europhile. C’est un fait parce que les Bretons savent, dans leur majorité, ce que l’Europe signifie pour leurs libertés et leur autonomie, une autonomie aujourd’hui revendiquée au sein de presque tous les grands partis politiques de notre Région, avec plus ou moins d’énergie certes, et avec un nouveau venu : le Parti Breton.
Force est néanmoins de relever que certaines listes ont bizarrement mis en avant des Eurosceptiques militants. Ainsi la Bretagne est elle paradoxalement représentée sur la liste socialiste par Isabelle Thomas qui s’était faite remarquée aux cotés de Jean-Luc Mélenchon, par un activisme noniste au dernier referendum européen. C’est pourtant elle qui été choisie par les instances nationales du PS contre l’avis du BREIS et au détriment de Roselyne Lefrancois, députée sortante et militante européenne de longue date. Certes Yannick Vaugrenard, élu de Loire Atlantique, qui est considéré comme le plus assidu des parlementaires français à Strasbourg, sauve l’honneur avec Bernadette Vergniaud, tête de liste socialiste et représentante de Poitou Charentes, connue pour son efficacité au Parlement européen. Mais le vice-président des PDL n’est qu’en 4ème place...
Les Eurodéputés français ne cessent de réclamer publiquement une Europe plus proche des citoyens, mais ils brillent en même temps par leurs absences, même s’ils sont en progrès, comme les membres du Comité des Régions. Les exceptions (Bernard Poignant, Ambroise Guellec,…) ne font que confirmer le constat. Le cumul des mandats, spécificité typiquement française, explique pour une part cette situation – encore qu’un mandat local puisse avoir quelque utilité européenne – mais ce qui est en cause c’est cette impossibilité quasi-culturelle de considérer le fonctionnement des institutions de l’Union autrement qu’à la manière de notre système vertical jacobin. Les Politiques réagissent, il est vrai, comme nombre de nos concitoyens français souvent plus disposés à revendiquer – en général d’ailleurs une fois que les décisions sont prises et quand il est trop tard - au lieu d’agir en amont quand il est encore temps. Les plus critiques sont justement ceux qui se font remarqués par leur absentéisme. Ainsi, selon le mensuel L’Express, Philippe de Villiers et Marine Le Pen, « sont bons derniers de la classe ». Le discours incantatoire l’emporte donc sur le pragmatisme, et pas seulement à l’extrême gauche. Ainsi Olivier Besancenot ne craint pas d’affirmer qu’aller au Parlement européen, lui qui a été l’Assistant parlementaire d’Alain Krivine, « cela l’enm…. »*. La recherche d’efficacité qui passe parfois par la nécessité de trouver des consensus est certes « plus difficile à vendre » dans notre culture politico-médiatico-démagogique. Et le lobbying a encore mauvaise presse en France, ou alors il se doit d’être caché : bonjour la démocratie !.
Strasbourg est encore trop souvent considéré comme un sas pour accéder à des fonctions politiques parisiennes, voire, un peu comme au Conseil Economique et Social, comme une session de rattrapage ou une récompense. Le mode de désignation des candidats socialistes vient d’en faire la preuve, mais il n’est pas le seul ! A peine élus, beaucoup d’Eurodéputés n’ont qu’un rêve : partir ! « Sur 78 eurodéputés français, 32 étaient candidats aux dernières législatives. En Allemagne, aucun des 99 n’était partant pour le Bundestag. Pour nous Français, c’est un placard ; pour les autres , c’est un vivier »* : CQFD !
Nombre de parlementaires européens français se plaignent de leurs difficultés à exister en rejetant la faute sur le désintérêt des médias… Daniel Cohn-Bendit a bien montré que c’est faux – enfin presque - lui qui n’en a pas souffert en élargisant pourtant son action parlementaire à une approche qui ne soit pas limitativement franco-française. Une seule liste, il faut bien le reconnaître, porte le nom d’Europe : celle des Verts. Le MODEM qui, avec Bruno Joncour, fait une belle percée en Bretagne, confirmera-t-il avec Sylvie Goulard, belle-soeur du maire de Vannes ? Le Parti socialiste, emmené par Bernadette Vergniaud, pourra-t-il dépasser ses propres contradictions ? Christophe Béchu, le jeune et dynamique président UMP du Conseil Général du …Maine et Loire, pourra-t-il faire passer son ambition clairement europhile auprès des électeurs bretons ? Mais une dernière question demeure néanmoins et la plus importante sans doute : les 72 eurodéputés français* qui seront élus, dont 9 pour l’Ouest, sauront ils faire leur révolution culturelle girondine et donc …vraiment européenne ? ou assisterons nous à une élection franchouillarde de plus ? Aux électeurs bretons d’en décider le 7 juin. A suivre … de près, de très près. Pierrick Hamon
*Le député G ONESTA, cité par Le Nouvel Observateur 26 mars 2009. *contre 78 en 2004
06 avril 2009
L'Europe, l'Amérique et la Turquie...
Je n'écris plus, d'autres le font si bien :
La Turquie, nouveau membre des États-Unis d'Amérique ?
Après le G20, l'OTAN et la République Tchèque, Barack Obama se rend en Turquie. Alors que la visite en République Tchèque se justifiait par la présidence actuelle de l'Union Européenne, celle en Turquie se fait en mettant en avant l'importance de ce pays comme pays musulman allié des États-Unis. La spécificité est donc telle qu'elle justifie un arrêt de la part du Président américain, qui jusque-là les distribue de façon méticuleuse. Celui-ci a pris le relais de ses prédécesseurs en souhaitant publiquement que la Turquie intègre l'Union Européenne. Le but serait de rechercher une plus grande coopération avec les pays musulmans, et l'entrée de la Turquie irait, selon lui, dans ce sens. Sur ce point, il est donc totalement sur la même ligne que George Bush. Ce qui est frappant, c'est que dans leur idée, l'Union Européenne semble ne consister qu'en un ensemble destiné à se courber dans tous les sens pour régler les questions stratégiques qu'affrontent les États-Unis. Ils ne semblent pas prendre beaucoup de précautions pour éviter l'ingérence dans les affaires européennes. Quel chef d'État européen irait se prononcer publiquement sur des enjeux institutionnels américains, comme par exemple, le fait que les habitants de la capitale Washington n'ont pas d'élus capable de voter au Congrès américain ?
L'offensive américaine en faveur de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne intervient en outre juste après une séquence assez troublante qui s'est joué au sommet de l'OTAN à Strasbourg. Alors que tous les autres pays soutenaient la candidature du Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, au poste de secrétaire général de l'OTAN, la Turquie a bloqué ce choix, notamment car celui-ci ne s'était pas opposé à la publication de caricatures de Mahomet dans un journal de son pays. En ne soutenant pas la liberté d'expression, la Turquie s'est naturellement retrouvée isolée. Hier, elle a fini par donner son accord sur le nom de Rasmussen, en précisant que Barack Obama lui avait donné des "garanties". Et aujourd'hui, la presse turque triomphe, présentant la Turquie comme la grande gagnante du sommet. Des trophées sont présentées, sous la forme de concessions sur la question chypriote ainsi que la nomination à venir d'un secrétaire général adjoint turque à l'OTAN, une revendication lointaine. Le fait que cette alliance militaire serve de théâtre à des épreuves de force entre membres sur fond de questions doctrinales religieuses peut paraître inquiétant.
Mais il existe une solution pour que le lien avec la Turquie soit renforcé de la façon considérée par l'administration américaine sans qu'elle n'adhère à l'Union Européenne. Il faudrait en fait qu'elle devienne membre des Etats-Unis d'Amérique. L'idée peut paraître farfelue, et les objections ne manqueraient pas. Pourtant, ces objections sont en fait les mêmes que celles que la candidature à l'Union Européenne affronte. Et au moins, les dirigeants américains seraient plus enthousiastes que ne le sont les dirigeants européens : la coopération entre l'occident et le monde musulman serait très forte si la Turquie appartenait aux États-Unis.
Alors bien sûr, la Turquie n'est pas en Amérique. Mais elle n'est pas en Europe non plus, et pourtant, il faudrait qu'elle l'intègre quand même.
Evidemment, la très importante population turque déséquilibrerait le débat politique américain. Mais ce serait la même chose pour l'Europe.
La population américaine verrait certainement d'un mauvais oeil une telle candidature sortant de nulle part. Comme la population européenne en fait.
On pourrait se dire qu'il revient aux Américains de déterminer qui fait partie de leur union. Mais visiblement, les Américains ne se privent pas de se mêler des questions européennes.
Si les États-Unis prêchent l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, ce doit donc être car les raisons qui excluent cette adhésion ne les gêneraient pas. Ils devraient donc en tirer les conclusions, en proposant eux-mêmes à la Turquie d'intégrer leur fédération. L'idée n'est, après tout, pas plus absurde qu'une candidature à un groupe européen.
http://xerbias.free.fr/blog/index.php/2009/04/05/411-la-turquie-nouveau-membre-des-etats-unis-d-amerique
La Turquie, nouveau membre des États-Unis d'Amérique ?
Après le G20, l'OTAN et la République Tchèque, Barack Obama se rend en Turquie. Alors que la visite en République Tchèque se justifiait par la présidence actuelle de l'Union Européenne, celle en Turquie se fait en mettant en avant l'importance de ce pays comme pays musulman allié des États-Unis. La spécificité est donc telle qu'elle justifie un arrêt de la part du Président américain, qui jusque-là les distribue de façon méticuleuse. Celui-ci a pris le relais de ses prédécesseurs en souhaitant publiquement que la Turquie intègre l'Union Européenne. Le but serait de rechercher une plus grande coopération avec les pays musulmans, et l'entrée de la Turquie irait, selon lui, dans ce sens. Sur ce point, il est donc totalement sur la même ligne que George Bush. Ce qui est frappant, c'est que dans leur idée, l'Union Européenne semble ne consister qu'en un ensemble destiné à se courber dans tous les sens pour régler les questions stratégiques qu'affrontent les États-Unis. Ils ne semblent pas prendre beaucoup de précautions pour éviter l'ingérence dans les affaires européennes. Quel chef d'État européen irait se prononcer publiquement sur des enjeux institutionnels américains, comme par exemple, le fait que les habitants de la capitale Washington n'ont pas d'élus capable de voter au Congrès américain ?
L'offensive américaine en faveur de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne intervient en outre juste après une séquence assez troublante qui s'est joué au sommet de l'OTAN à Strasbourg. Alors que tous les autres pays soutenaient la candidature du Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, au poste de secrétaire général de l'OTAN, la Turquie a bloqué ce choix, notamment car celui-ci ne s'était pas opposé à la publication de caricatures de Mahomet dans un journal de son pays. En ne soutenant pas la liberté d'expression, la Turquie s'est naturellement retrouvée isolée. Hier, elle a fini par donner son accord sur le nom de Rasmussen, en précisant que Barack Obama lui avait donné des "garanties". Et aujourd'hui, la presse turque triomphe, présentant la Turquie comme la grande gagnante du sommet. Des trophées sont présentées, sous la forme de concessions sur la question chypriote ainsi que la nomination à venir d'un secrétaire général adjoint turque à l'OTAN, une revendication lointaine. Le fait que cette alliance militaire serve de théâtre à des épreuves de force entre membres sur fond de questions doctrinales religieuses peut paraître inquiétant.
Mais il existe une solution pour que le lien avec la Turquie soit renforcé de la façon considérée par l'administration américaine sans qu'elle n'adhère à l'Union Européenne. Il faudrait en fait qu'elle devienne membre des Etats-Unis d'Amérique. L'idée peut paraître farfelue, et les objections ne manqueraient pas. Pourtant, ces objections sont en fait les mêmes que celles que la candidature à l'Union Européenne affronte. Et au moins, les dirigeants américains seraient plus enthousiastes que ne le sont les dirigeants européens : la coopération entre l'occident et le monde musulman serait très forte si la Turquie appartenait aux États-Unis.
Alors bien sûr, la Turquie n'est pas en Amérique. Mais elle n'est pas en Europe non plus, et pourtant, il faudrait qu'elle l'intègre quand même.
Evidemment, la très importante population turque déséquilibrerait le débat politique américain. Mais ce serait la même chose pour l'Europe.
La population américaine verrait certainement d'un mauvais oeil une telle candidature sortant de nulle part. Comme la population européenne en fait.
On pourrait se dire qu'il revient aux Américains de déterminer qui fait partie de leur union. Mais visiblement, les Américains ne se privent pas de se mêler des questions européennes.
Si les États-Unis prêchent l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, ce doit donc être car les raisons qui excluent cette adhésion ne les gêneraient pas. Ils devraient donc en tirer les conclusions, en proposant eux-mêmes à la Turquie d'intégrer leur fédération. L'idée n'est, après tout, pas plus absurde qu'une candidature à un groupe européen.
http://xerbias.free.fr/blog/index.php/2009/04/05/411-la-turquie-nouveau-membre-des-etats-unis-d-amerique
01 avril 2009
Néo-colonialisme
Un billet de Lolik sur la départementalisation de Mayotte qui résume à peu près ce que je pense, au milieu de l'incroyable silence qui a entouré ce hold-up, contre les prises de position officielles de l'ONU et de l'OUA.
Y-a-t-il de l'uranium à Mayotte ?
Les mahorais ont été consultés par referendum sur la transformation de leur collectivité en DOM et c’est à plus de 92%, qu’ils viennent, sans surprise, d’y répondre oui. Outre l’amour que cette île voue à la France, (l’ile a déjà voté en 1974 au referendum d’autodétermination pour rester française, alors que les autres îles des Comores ont opté pour l’indépendance), pourquoi ce choix ?
Les Comores font partie des pays les plus pauvres du monde, alors que Mayotte, en tant que collectivité départementale française, bénéficie d'un niveau de vie plus élevé garanti par la « mère patrie » française. Tous les partis ont donc fait campagne pour le oui, vote qui devrait ouvrir la voie à quelques réformes dont les mahorais pourraient espérer quelques bénéfices : le revenu de solidarité active, l'allocation de parent isolé et l'allocation de solidarité spécifique seront mis en place à compter de 2012. Leur niveau sera fixé à environ le quart de ce qu'ils représentent en métropole pour être augmentés progressivement pendant environ 20 années jusqu'à l'égalité. Il est prévu, en autres, un plan de revalorisation des prestations pour les adultes handicapés et les personnes âgées, l’arrivée d’une allocation de logement social et des assurances sociales (maladie, retraite, accidents de travail...).
Plutôt que de bons sentiments, n’est-ce pas le colonialisme qui frappe encore une fois ? Un colonialisme accepté d’ailleurs par la population mahoraise. C’est en tout cas ce que pensent les Comoriens du voisinage : à Moroni, le porte-parole du comité Maoré a déclaré que « le développement des Comores ne sera jamais assuré aussi longtemps que Mayotte restera sous administration française » et pour faire bonne mesure, un drapeau français ainsi que le portrait de N.Sarkozy ont été brulés. Ils ne sont pas les seuls, à voir d’un mauvais œil, cette mauvaise fréquentation : les Nations Unies condamnent (la résolution 3385 du 12 novembre 1975 affirme « la nécessité de respecter l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores, composées des îles d'Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli »), ainsi que l'Union africaine.
Au final, on peut réellement se demander si Mayotte n’est pas en train de se tirer une balle dans le pied…comme l'a mis en lumière la grève en Guadeloupe, conséquence directe des ravages de l’assistanat qui en fait une économie d’hyperconsommation sans aucune activité de production. L’artificialité d’un niveau de vie plus élevé assuré par les transferts en provenance de la métropole va créer des distorsions avec les pays alentours. Cela empêchera Mayotte de s’insérer dans son environnement géo-économie proche, de commercer avec ses voisins et donc de développer sa propre économie, ses propres activités et donc sa propre richesse. Et dans 40 ans, on aura un LKP mahorais qui manifestera contre la profitasayon. L’histoire est quasiment écrite…Pourquoi personne ne tire jamais les conséquences des erreurs déjà faites ?
En plus de ce problème économique qui va condamner les mahorais à vivre de l’assistanat, ce changement de statut ne va pas sans poser quelques petits problèmes liés à la situation de l’île : sur les 26 000 reconduites à la frontière de 2008, 16 000 concernaient Mayotte et encore aujourd’hui un habitant sur quatre est en situation irrégulière, d’ailleurs l’état civil est quasiment inexistant et les 2/3 de la population se déclarent sans emploi. La justice est rendue par des « cadis » (juges musulmans qui appliquent le droit local) puisque la population est à 95% de religion musulmane, la polygamie y est de droit, le mariage des filles est autorisé à 15 ans et elles sont aidées à y répondre favorablement par un tuteur patrimonial et les successions y sont régies par la règle des 2/3 aux garçons, 1/3 aux filles…
D’ailleurs ces juges ont y sont opposés : «La France est un pays laïc. Or, l’islam est une religion qui se vit au quotidien. Ces deux notions sont inconciliables. » J’en finis par me demander s’il n’y a pas d’uranium à Mayotte ! Ce qui expliquera pourquoi le gouvernement veut départementaliser cette île. Et si tel n’était pas le cas, je me demande s’il ne serait pas opportun, au moment où nos finances publiques menacent d'exploser tous les records, de demander aux français de se prononcer sur l’extension de leur territoire à une île que rien ne rapproche ; extension que les contribuables devront financer et qui mériterait donc une consultation pour s’assurer que Mayotte est aussi chère au cœur des français qu’elle semble l’être aux 92% d’électeurs locaux. Puisque les mahorais, eux ont eu droit à l’autodétermination, nous aussi nous aimerions nous prononcer par referendum.
http://lolik.hautetfort.com/archive/2009/03/30/y-a-t-il-de-l-uranium-a-mayotte.html
Y-a-t-il de l'uranium à Mayotte ?
Les mahorais ont été consultés par referendum sur la transformation de leur collectivité en DOM et c’est à plus de 92%, qu’ils viennent, sans surprise, d’y répondre oui. Outre l’amour que cette île voue à la France, (l’ile a déjà voté en 1974 au referendum d’autodétermination pour rester française, alors que les autres îles des Comores ont opté pour l’indépendance), pourquoi ce choix ?
Les Comores font partie des pays les plus pauvres du monde, alors que Mayotte, en tant que collectivité départementale française, bénéficie d'un niveau de vie plus élevé garanti par la « mère patrie » française. Tous les partis ont donc fait campagne pour le oui, vote qui devrait ouvrir la voie à quelques réformes dont les mahorais pourraient espérer quelques bénéfices : le revenu de solidarité active, l'allocation de parent isolé et l'allocation de solidarité spécifique seront mis en place à compter de 2012. Leur niveau sera fixé à environ le quart de ce qu'ils représentent en métropole pour être augmentés progressivement pendant environ 20 années jusqu'à l'égalité. Il est prévu, en autres, un plan de revalorisation des prestations pour les adultes handicapés et les personnes âgées, l’arrivée d’une allocation de logement social et des assurances sociales (maladie, retraite, accidents de travail...).
Plutôt que de bons sentiments, n’est-ce pas le colonialisme qui frappe encore une fois ? Un colonialisme accepté d’ailleurs par la population mahoraise. C’est en tout cas ce que pensent les Comoriens du voisinage : à Moroni, le porte-parole du comité Maoré a déclaré que « le développement des Comores ne sera jamais assuré aussi longtemps que Mayotte restera sous administration française » et pour faire bonne mesure, un drapeau français ainsi que le portrait de N.Sarkozy ont été brulés. Ils ne sont pas les seuls, à voir d’un mauvais œil, cette mauvaise fréquentation : les Nations Unies condamnent (la résolution 3385 du 12 novembre 1975 affirme « la nécessité de respecter l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores, composées des îles d'Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli »), ainsi que l'Union africaine.
Au final, on peut réellement se demander si Mayotte n’est pas en train de se tirer une balle dans le pied…comme l'a mis en lumière la grève en Guadeloupe, conséquence directe des ravages de l’assistanat qui en fait une économie d’hyperconsommation sans aucune activité de production. L’artificialité d’un niveau de vie plus élevé assuré par les transferts en provenance de la métropole va créer des distorsions avec les pays alentours. Cela empêchera Mayotte de s’insérer dans son environnement géo-économie proche, de commercer avec ses voisins et donc de développer sa propre économie, ses propres activités et donc sa propre richesse. Et dans 40 ans, on aura un LKP mahorais qui manifestera contre la profitasayon. L’histoire est quasiment écrite…Pourquoi personne ne tire jamais les conséquences des erreurs déjà faites ?
En plus de ce problème économique qui va condamner les mahorais à vivre de l’assistanat, ce changement de statut ne va pas sans poser quelques petits problèmes liés à la situation de l’île : sur les 26 000 reconduites à la frontière de 2008, 16 000 concernaient Mayotte et encore aujourd’hui un habitant sur quatre est en situation irrégulière, d’ailleurs l’état civil est quasiment inexistant et les 2/3 de la population se déclarent sans emploi. La justice est rendue par des « cadis » (juges musulmans qui appliquent le droit local) puisque la population est à 95% de religion musulmane, la polygamie y est de droit, le mariage des filles est autorisé à 15 ans et elles sont aidées à y répondre favorablement par un tuteur patrimonial et les successions y sont régies par la règle des 2/3 aux garçons, 1/3 aux filles…
D’ailleurs ces juges ont y sont opposés : «La France est un pays laïc. Or, l’islam est une religion qui se vit au quotidien. Ces deux notions sont inconciliables. » J’en finis par me demander s’il n’y a pas d’uranium à Mayotte ! Ce qui expliquera pourquoi le gouvernement veut départementaliser cette île. Et si tel n’était pas le cas, je me demande s’il ne serait pas opportun, au moment où nos finances publiques menacent d'exploser tous les records, de demander aux français de se prononcer sur l’extension de leur territoire à une île que rien ne rapproche ; extension que les contribuables devront financer et qui mériterait donc une consultation pour s’assurer que Mayotte est aussi chère au cœur des français qu’elle semble l’être aux 92% d’électeurs locaux. Puisque les mahorais, eux ont eu droit à l’autodétermination, nous aussi nous aimerions nous prononcer par referendum.
http://lolik.hautetfort.com/archive/2009/03/30/y-a-t-il-de-l-uranium-a-mayotte.html
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